Publié le 4 août 2026 · par l'équipe France Détergence
L'étiquette d'un produit d'entretien dépend de sa composition, de sa classification et de son usage. Un détergent non dangereux ne porte pas les mêmes mentions qu'un dégraissant classé corrosif ou qu'un désinfectant biocide. Avant l'impression, il faut donc croiser le règlement Détergents, le règlement CLP et les obligations françaises relatives à l'emballage.
Les mentions applicables dépendent de la nature du produit et de sa classification. Aucune liste n'est valable pour tous les produits, mais l'étiquette se construit toujours à partir des éléments suivants.
Le tableau complet des mentions figure plus bas dans l'article.
Aujourd'hui : règlement Détergents (CE) n° 648/2004, règlement CLP (CE) n° 1272/2008 et textes français applicables.
À partir du 23 septembre 2029 : application du règlement (UE) 2026/405 du 11 février 2026 concernant les détergents et les agents de surface, qui abroge le 648/2004. Entré en vigueur le 22 mars 2026, il ne s'applique qu'à cette date. Il introduira un passeport numérique du produit, l'étiquetage numérique et des règles adaptées à la vente en vrac : ces obligations ne s'appliquent pas encore.
Les détergents mis sur le marché avant le 23 septembre 2029 conformément au 648/2004 restent vendables sans limite de temps. Une étiquette créée aujourd'hui doit respecter le droit actuellement applicable.
Les mentions se répartissent en quatre groupes, à déplier selon votre cas. Un même produit peut relever de plusieurs groupes à la fois : un dégraissant en flacon d'un litre vendu en grande surface relève des groupes A, B et D.
| Élément | Quand est-il obligatoire ? | Exemple | Source réglementaire |
|---|---|---|---|
| Nom ou dénomination commerciale | Toujours | Nettoyant multiusage citron | Règlement Détergents |
| Fonction ou usage du produit | Toujours | Nettoyant pour surfaces lavables | Règlement Détergents |
| Coordonnées du responsable ou du fournisseur concerné | Toujours | Raison sociale, adresse, téléphone | Règlement Détergents |
| Contact permettant d'obtenir la fiche détaillée des ingrédients | Toujours | Coordonnées du responsable | Règlement Détergents |
| Adresse de la page internet présentant la liste des ingrédients | Toujours | www.exemple.fr/ingredients | Règlement Détergents |
| Familles de composants et tranches de concentration | Au-delà du seuil prévu à l'annexe VII | Tensioactifs anioniques : 5 à 15 % | Règlement Détergents, annexe VII |
| Conservateurs | Dès qu'ils sont présents, quelle que soit la teneur | Benzisothiazolinone | Règlement Détergents, annexe VII |
| Allergènes parfumants | Au-delà de 0,01 % en poids | Limonène, linalol | Règlement Détergents, annexe VII |
| Instructions d'utilisation et précautions particulières | Lorsqu'elles sont nécessaires | Ne pas mélanger avec un produit acide | Règlement Détergents |
| Contenu nominal | Toujours | 1 L | Information du consommateur |
| Rédaction en langue française | Toujours | – | Code de la consommation |
| Élément | Quand est-il obligatoire ? | Exemple | Source réglementaire |
|---|---|---|---|
| Identificateur du produit | Toujours | Nom commercial et identification du mélange | CLP |
| Fournisseur établi dans l'Union européenne | Toujours | Nom, adresse, téléphone | CLP |
| Pictogrammes de danger | Selon la classification | CLP | |
| Mention d'avertissement | Selon la classification | Danger, ou Attention | CLP |
| Mentions de danger, phrases H | Selon la classification | H315, H319 | CLP |
| Conseils de prudence, phrases P | Selon la classification | P280, P305+P351+P338 | CLP |
| Informations supplémentaires EUH | Lorsqu'elles sont requises | EUH208, EUH210 | CLP |
| Quantité nominale | Dans les cas concernés | 750 ml | CLP |
| UFI | Lorsque la notification aux centres antipoison est requise | UFI : U100-K0RM-J00N-TR8F | CLP, annexe VIII |
| Fermeture de sécurité pour les enfants | Selon la classification et le conditionnement | Bouchon à double mouvement | CLP, annexe II |
| Avertissement tactile de danger | Selon la classification et le conditionnement | CLP, annexe II | |
| Dimensions minimales de l'étiquette et des pictogrammes | Selon le volume de l'emballage | 52 × 74 mm et 16 × 16 mm jusqu'à 3 L | CLP, annexe I |
| Élément | Quand est-il obligatoire ? | Exemple | Source réglementaire |
|---|---|---|---|
| Quantités ou instructions de dosage | Toujours | 75 ml par machine | Règlement Détergents, annexe VII |
| Dosages selon la dureté de l'eau | Lessives grand public | Eau douce, moyenne, dure | Règlement Détergents, annexe VII |
| Nombre de lavages standards | Sur certains emballages de lessive | 30 lavages | Règlement Détergents, annexe VII |
| Dosage standard | Produits pour lave-vaisselle grand public | 1 dose par cycle | Règlement Détergents, annexe VII |
| Élément | Quand est-il obligatoire ? | Exemple | Source réglementaire |
|---|---|---|---|
| Logo Triman | Emballages ménagers | Réglementation française | |
| Info-tri associée | Emballages ménagers | Bouteille à recycler, bouchon à recycler | Réglementation française |
| Distinction entre les éléments de l'emballage | Lorsque les consignes diffèrent | Flacon, bouchon, étui | Réglementation française |
À noter : les mentions EUH208 et EUH210 peuvent s'imposer à des mélanges qui ne portent pas tous les éléments classiques d'un produit classé dangereux. Un produit non classé n'échappe donc pas systématiquement à toute obligation issue du CLP. Le détail des éléments d'étiquetage figure dans la documentation de l'ECHA sur l'étiquetage et l'emballage.
Le Triman doit être accompagné de l'information précisant la consigne de tri, et les éléments ayant des consignes différentes doivent être détaillés séparément. Ces consignes sont fournies par l'éco-organisme auquel adhère le metteur sur le marché, et le dispositif est présenté par le ministère de la Transition écologique.
« Produit d'entretien » est une expression commerciale, pas une catégorie réglementaire. Trois couches constituent généralement le socle de l'étiquette, auxquelles peuvent s'ajouter des règles particulières selon le produit, son usage et ses allégations : le règlement sur les détergents, le règlement CLP lorsque le mélange est classé dangereux, et les règles françaises d'information du consommateur et de tri.
Une quatrième couche s'ajoute dès qu'un produit revendique une action désinfectante. Un produit présenté comme désinfectant, bactéricide, virucide, ou annoncé comme éliminant 99,9 % des bactéries, ne relève pas seulement de l'étiquetage des détergents : son efficacité revendiquée et sa mise sur le marché peuvent relever du règlement (UE) n° 528/2012 sur les produits biocides. Quelques essais d'efficacité ne suffisent pas à autoriser une allégation désinfectante, et ce cas coûte cher quand il se découvre tard.
| Situation | Principaux textes applicables | Éléments supplémentaires à prévoir |
|---|---|---|
| Nettoyant grand public non classé dangereux | Règlement Détergents, information du consommateur, règles de tri | Composants par tranches, conservateurs, allergènes, page ingrédients, Triman et Info-tri |
| Détergent grand public classé dangereux | Règlement Détergents et CLP, plus les règles françaises | Pictogrammes, mention d'avertissement, phrases H et P, EUH, UFI si la notification est requise |
| Produit exclusivement industriel ou institutionnel | Règlement Détergents et CLP si classé dangereux | Une partie de l'information sur les composants peut circuler par la fiche technique ou la FDS |
| Lessive ou produit lave-vaisselle destiné au consommateur | Règlement Détergents, annexe VII | Instructions de dosage, dureté de l'eau, nombre de lavages ou dose standard |
| Désinfectant, ou produit revendiquant une efficacité contre bactéries, virus ou champignons | Les textes ci-dessus, plus le règlement Biocides | Autorisation de mise sur le marché selon les cas, preuves d'efficacité normalisées |
Non, et la différence porte sur la partie la plus contraignante. Les exigences de l'annexe VII sur la présentation des composants visent principalement les détergents vendus au grand public. Pour ceux destinés exclusivement aux secteurs industriel ou institutionnel, une partie de ces informations peut circuler par une fiche technique ou une fiche de données de sécurité.
Un produit professionnel n'est pas pour autant dispensé d'étiquette : les règles du CLP restent applicables dès lors qu'il est classé dangereux. Conséquence concrète pour une gamme vendue en bidon de 20 L aux professionnels et en flacon d'un litre au grand public : ce sont deux étiquettes, pas une.
C'est la spécificité la moins connue du règlement Détergents. Certains composants sont déclarés non pas avec leur pourcentage exact, mais par tranche, lorsqu'ils sont ajoutés au-delà du seuil prévu par l'annexe VII, soit 0,2 % en poids pour les familles listées. Les tranches sont au nombre de quatre : moins de 5 %, de 5 à moins de 15 %, de 15 à moins de 30 %, et 30 % et plus.
Tensioactifs anioniques, cationiques, non ioniques et amphotères. Phosphates et phosphonates. Agents de blanchiment oxygénés et chlorés. EDTA et ses sels. NTA et ses sels. Certains phénols. Hydrocarbures aromatiques, aliphatiques ou halogénés. Savons, zéolites, polycarboxylates. Et les autres catégories prévues à l'annexe VII.
Deux familles échappent à cette logique de seuil. Les conservateurs sont nommés individuellement sous leur dénomination INCI, quelle que soit leur teneur. Les allergènes parfumants de la liste européenne sont cités individuellement dès 0,01 % en poids du produit. Le limonène et le linalol, présents dans une grande partie des parfums d'agrumes, franchissent ce seuil plus souvent qu'on ne l'imagine. Les enzymes, les désinfectants et les azurants optiques, enfin, se mentionnent dès qu'ils sont présents, quelle que soit leur concentration.
Les familles de composants imprimées sur l'emballage suivent le format par tranches décrit plus haut. La liste d'ingrédients publiée sur le site internet reprend les ingrédients selon la nomenclature réglementaire, sans les pourcentages ni nécessairement les numéros CAS, les parfums et colorants pouvant y être regroupés : elle ne révèle donc pas la formule complète. La fiche d'information sur les composants est un troisième document, destiné notamment au personnel médical, plus détaillé que les deux précédents. Les confondre est une source d'erreur fréquente.
Trois exigences ne portent pas sur le fichier d'étiquette mais sur le contenant, et se jouent donc au choix du flacon. Selon sa classification et son conditionnement, un produit peut devoir être muni d'une fermeture de sécurité pour les enfants, d'un avertissement tactile de danger, ou des deux. Ces obligations relèvent de l'annexe II du règlement CLP.
Les dimensions minimales de l'étiquette et des pictogrammes dépendent par ailleurs du volume de l'emballage : à partir de 52 × 74 mm pour l'étiquette et 16 × 16 mm pour le pictogramme jusqu'à 3 L, puis par paliers croissants. Le détail figure dans notre article sur les pictogrammes des produits ménagers.
D'où l'ordre à respecter : le contenant se valide avant l'étiquette. Un flacon retenu pour son design peut se révéler incompatible avec la classification finale du produit.
L'UFI est un code de seize caractères qui relie une composition à une notification destinée aux centres antipoison. Il concerne les mélanges classés pour leurs dangers pour la santé humaine ou leurs dangers physiques, et non l'ensemble des produits classés dangereux : un produit uniquement classé dangereux pour l'environnement peut rester hors du champ de la notification obligatoire. Les anciennes périodes transitoires sont terminées : depuis le 1er janvier 2025, les mélanges concernés encore mis sur le marché doivent porter un UFI, sous réserve des exceptions prévues.
Deux précisions évitent les erreurs les plus courantes. Un même UFI peut, sous certaines conditions, couvrir plusieurs noms commerciaux, dès lors que la composition reste identique et que les produits sont correctement déclarés : il n'y a donc pas nécessairement un UFI par référence commerciale. Et pour un mélange exclusivement utilisé sur un site industriel, l'UFI peut dans certains cas figurer dans la section 1.1 de la fiche de données de sécurité plutôt que sur l'étiquette.
Un UFI imprimé sur l'étiquette ne suffit pas : la notification doit également couvrir le bon produit, le bon nom commercial et les pays dans lesquels il est commercialisé. Sur les projets que nous accompagnons, c'est le poste qui retarde le plus souvent un lancement, parce qu'il se découvre après la validation du fichier d'impression, quand le calendrier de production est déjà posé.
Les obligations dépendent du rôle réglementaire de chaque entreprise et de l'organisation de la chaîne d'approvisionnement. La marque qui commercialise, réétiquette ou revend le produit sous un nouveau nom doit au minimum vérifier que l'étiquette, la notification et les documents fournis couvrent bien son nom commercial, ses usages et ses pays de vente.
En cas de réétiquetage, deux voies existent : demander au fournisseur initial de mettre à jour sa notification avec le nouveau nom et les pays concernés, ou effectuer sa propre notification. L'ECHA précise que les distributeurs procédant à un rebranding peuvent devenir concernés par ces obligations. Ce point se règle au démarrage du projet : qui fournit quoi, qui déclare quoi, et sur quel nom.
| Élément | Site de formulation et de production | Marque ou distributeur | Imprimeur ou conditionneur |
|---|---|---|---|
| Classification de la formule | Prépare | Reçoit et vérifie | – |
| Éléments CLP | Fournit | Reporte sur l'étiquette | Imprime |
| Fiche de données de sécurité | Établit à partir de la formule | Diffuse et vérifie la correspondance | – |
| Informations nécessaires à l'UFI et à la notification | Fournit | Vérifie la couverture du nom et des pays | – |
| Liste d'ingrédients en ligne | Fournit les données | Publie | – |
| Fichier graphique | – | Fournit ou fait réaliser | Contrôle la faisabilité |
| Choix des allégations | Indique ce qui est démontrable | Décide et assume | – |
| Validation du bon à tirer | Contrôle les éléments réglementaires | Valide | Exécute |
| Pays et langues de commercialisation | – | Définit | Adapte le fichier |
Cette répartition doit être définie contractuellement et vérifiée avant l'impression. Elle varie selon le rôle juridique réel de chaque intervenant : fabricant du mélange, utilisateur en aval, importateur, fournisseur, distributeur ou reconditionneur.
France Détergence met la marque en relation avec le site de production partenaire. Les éléments techniques et réglementaires sont préparés par les intervenants responsables selon l'organisation du projet. Le détail figure sur la page consacrée à la fabrication sous votre marque. Les familles ouvertes à la fabrication sont présentées par le fabricant de produits de nettoyage ; et pour un lancement sans étiquette dédiée, les références du catalogue sont livrées étiquetées et conformes par le grossiste en produits de nettoyage. Enfin, si l'étiquette porte une revendication environnementale, le cadre de ces mentions est détaillé sur la page des produits de nettoyage et d'entretien écologiques.
L'impression ne doit commencer qu'après validation de la formule, du contenant et du fichier réglementaire final. Une modification de parfum, de conservateur, de concentration ou de nom commercial peut nécessiter une nouvelle vérification.
Non. Il concerne les mélanges classés pour certains dangers physiques ou pour la santé, lorsque la notification aux centres antipoison est requise. Un détergent non classé n'en porte pas.
L'étiquetage détergent décrit ce que contient le produit et comment l'utiliser. L'étiquetage CLP signale ce qu'il peut provoquer. Le premier dépend de la nature du produit, le second de sa classification. Un même flacon porte souvent les deux.
Oui, si le produit n'est pas classé dangereux. L'absence de pictogramme signifie que les seuils de classification ne sont pas atteints. Certaines mentions supplémentaires, comme EUH208 ou EUH210, peuvent malgré tout s'imposer. Le détail des neuf symboles et de leur attribution figure dans notre article sur les pictogrammes des produits ménagers.
Elle fait entrer le produit dans le champ de la réglementation Biocides, qui prévoit un encadrement spécifique et, selon les cas, une autorisation de mise sur le marché. Ce n'est pas une simple mention marketing.
Pas nécessairement. Une étiquette multilingue est possible, à condition de contenir les langues exigées sur les marchés concernés, de rester lisible, de respecter les règles de dimensions et de présentation, et de ne rendre ambiguë aucune information de sécurité. Pour un pays comme la Belgique, les besoins linguistiques peuvent dépendre des régions où le produit est commercialisé.
Dès que la modification touche la classification, la liste des composants déclarés, les allergènes ou les conservateurs. Un changement de parfum suffit parfois à imposer une nouvelle étiquette et une mise à jour de la notification.
Références réglementaires vérifiées le 5 août 2026 sur les sources officielles citées ci-dessus. Prochaine vérification prévue en février 2027.
Ce contenu présente les principales obligations à titre informatif. Les mentions applicables doivent être déterminées à partir de la formule, de la classification, du conditionnement, des allégations et des pays de commercialisation du produit.
Décrivez-nous la formule recherchée, le contenant, le volume prévu et les pays de vente. Ces informations permettent au site de production partenaire d'étudier la faisabilité technique et les documents nécessaires avant le chiffrage.